Le temps des doutes et des convictions est révolu ! Troublemakers version Express Way est né, sous un soleil matinal soul et jazz, tout droit sorti des astres électroniques du prestigieux label Blue Note. Exit Fred Berthet (parti faire du Copyshop seul) et gloria alléluia aux 2 stakhanovistes funk de Marseille Arnaud Taillefer et Lionel Corsini. Le second album des Troublemakers était attendu… et pour cause, car vous n’aurez pas grand peine à vous rappeler le tube mondial « Get Misunderstood’ rendant hommage au cinéaste Philippe Garrel : la suite d’un tel succès se devait de surprendre.
Express Way est un projet ambitieux puisqu’à la fois un film et une bande originale de celui-ci, ou plutôt l’inverse. Les 2 géniteurs du projet sont effectivement à cheval sur 2 passions artistiques différentes bien qu’indissociables : la musique et le cinéma. Express Way est un film moyen-métrage et un album-trame sur le thème de ce movie, qui traite de l’exclusion, du rapport de force entre les Hommes et de la quête éternelle de chacun à vouloir devenir quelqu’un.
Express Way est délicieusement soul, majestueusement acid-jazz et habilement électro-hip-hop, tout en restant un hommage historique (Billie Holiday, Marvin Gaye) et cinématique (Tarantino, De Palma, Spike Lee…) puissant. L’influence de Blue Note est flagrante (« If You Arrest Me’, « Highway Blues’, « Race Records’) et les nombreux featuring rendent l’album tout simplement troublant : The Gift of Gab du collectif Blackalicious, Magic Malik (flûtiste de légende), Julien Lourau (electro-sax), Vincent Ségal (violoncelliste de Bumcello)… L’album s’achève sur un final digne des plus grands de Ninja Tune, revisitant un saxophoniste mythique : « Lester Young In Eternity Blowing His Horn Alone’.
Un album majeur et indispensable, véritable trip-hop d’une époque que l’on pourrait qualifier post-soul.