Sour Grapes , Atlas and Rothwell 2016
Il a fait un tabac à l’étranger. « Raisins Amers », documentaire co-produit en Bourgogne et de réalisation anglo-américaine, arrive sur nos écrans. Mardi 13 septembre à 20h55, ARTE diffuse l’enquête sur l’affaire Kurniawan, cet incroyable faussaire en grands vins démasqué par Laurent Ponsot, vigneron à Morey-Saint-Denis. La productrice dijonnaise Cathérine Siméon (Faites un voeu) dévoile les coulisses d’un thriller de dimension internationale.
L’histoire a fait le tour du monde, et laisse encore un goût amer – plutôt long en bouche – aux victimes. En août 2014, Rudy Kurniawan est condamné à 10 ans de prison pour avoir contrefait plus de 30 millions de dollars de grands vins: romanée-conti, montrachet, meursault, vosne-romanée…
La Bourgogne s’est émue de cette gigantesque arnaque. C’est pourquoi Catherine Siméon, jeune productrice basée à Dijon, a lancé l’initiative d’un documentaire retraçant l’affaire et explorant le lucratif marché des grands vins. « Comme beaucoup, on a eu vent de l’affaire par biais de presse locale puis internationale, explique-t-elle. L’histoire nous semblait incroyable et on a décidé avec Nick (Ware, le producteur exécutif basé à Fulvy dans l’Yonne) d’aller rencontrer Laurent Ponsot, le vigneron qui a débusqué l’affaire. »
Avec l’indispensable aide du vigneron de Morey-Saint-Denis, Catherine Siméon a établi des bases solides. « Pendant quatre ans, on a mené une investigation parallèle. On a découvert des détails abracadabrants. C’était très intriguant, Rudy Kurniawan avait 10 passeports dont un féminin, personne ne savait d’où venait son argent… » Autant d’éléments susceptibles de séduire un réalisateur. Point de Bourguignon cette fois. Il a fallu aller le chercher de l’autre côté de la Manche. « Compte tenu de l’étendue de la fraude, entre la France et les États-Unis principalement, on a décidé d’aller chercher un réalisateur de langue anglaise, Jerry Rothwell. »
Un Anglais pour traiter d’une arnaque sur le vin en Bourgogne ? Rien d’incompatible, au contraire. Et la « caution Bourgogne » était de toute façon déjà bien présente avec une assistante de réalisation elle aussi basée à Dijon et un ingénieur du son situé à Chablis. Catherine Siméon explique son choix : « On aimait ses œuvres et le ton décalé et ironique qu’il pouvait adopter. Il a vite accepté le projet et s’est lancé dans l’aventure à 150%. Pour tout vous dire, il n’est pas un grand amateur de vin à la base. Mais c’est tant mieux, je ne voulais pas d’un réalisateur trop proche de notre culture. Un Français, a fortiori Bourguignon, n’aurait pas eu la distance suffisante pour traiter le sujet. Là, j’étais certaine qu’il y aurait un regard neuf, presque « naïf » sur l’affaire. »
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